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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 17:24

Lundi 7 juin . Pile ou face

 

La journée s’est passée en ville, de bureaux en réunion.

 

La réunion d’aujourd’hui s’appelait «  Cluster Shelter » .  Ce qui signifie en gros, réunion de coordination des acteurs impliqués dans la démarche de construction d’abris provisoires ou définitifs. Donc, c’est plus rapide de le dire  en anglais .

 

Retour à l’hôtel qui me sert de Qg, longue analyse des documents  - budgets, devis-  , connexion  le soir à une heure  où presque tout le monde dort ( j’ai les noms) et direction la plage pour un plat de cabrit.

 

 

Et vient  le côté pile.

 

Le soleil se couche sur la baie, une petite brise du large vient rafraîchir l’atmosphère, les vagues déroulent, régulières. Un canot de pêcheur s’élance vers le large… Donc, cadre idyllique

 

 

Je vais au bout du cliché. Les yeux vers l’horizon, un jeune homme et une jeune fille dont les silhouettes se détachent en contre-jour sont assis sur les galets. Ils se parlent, se regardent parfois. Il lui touche un peu le bras, elle s’écarte un peu. Un premier rendez-vous ?

Il lui parle encore, elle regarde le large. Ils se rapprochent à peine. Il lui pose la main sur la sienne. Elle ne bouge pas. Elle doit trembler. Il laisse la main sur celle de la jeune fille , remue  à peine les doigts. Elle laisse faire, mais veut peut être fuir. Elle ne sait pas.

 

Il relâchent  la tension, discutent d’autre chose, rient.

 

Ils se prennent la main à nouveau, la serrent fort , se regardent, ne bougent plus.  Il se passe comme une éternité.

Le soir descend très vite. Une lumière clignote au loin. Ils se lèvent. Il lui prend le bras, elle lui prend le bras. Ils marchent doucement, savourent l’instant, sans doute. Ils s’éloignent dans le soir. Je les perds de vue. Je suis sûr que leurs yeux doivent briller.

 

Moi, je suis tranquille, j’attends. La vie est douce.

 

Puis, en me  retournant, le côté face.

 

La plage qui pourrait être somptueuse est jonchée de plastiques et de débris divers, une décharge. L’hôtel si renommé de bord de plage est maintenant fermé. «  La Jacmélienne » n’a pas résisté au temps et au séisme. Murs disloqués.

La lumière au loin est un fait un feu dans les bois. Où sont les canadairs ?

 

Moi, j’attends toujours, en fait j’attends vraiment longtemps. Le charme est rompu. Je comprends pourquoi ils regardaient la mer, les petits jeunes. C’est pas très joli, côté terre…

Musique américano-bizarre à fond, coups de marteau dans la paillote, deux chiens au pied de la table, des motos traversent la plage. La brise annonçait la pluie. Une forte pluie. La coupure de courant, les nuées de moustiques.

 

Mais le cabrit était bon, finalement.

 

Demain, retour à Port au Prince. Monsieur le ministre de la planification et de la coopération externe, j’arrive !

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