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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:33

P1050602.JPG

 

 

Waouhhh!!!

 

Le coup du moteur de recherche marche bien !!!

Des dizaines et des dizaines de lecteurs inconnus et égarés sur ce blog , sans doute, en quelques jours.

 

Je vous disais, il suffit d'un titre racoleur.

 

Carnaval, Jacmel, 2011... C'est le must en ce moment.

 

Je vais essayer prochainement : les voyages de Mam. 

Ou l'alibi de Khadafi ( Merci, François)


 

On me lit même en espagnol :

 

 

" Las bandas están saliendo en masa. Lanzadores cuerdas, "Chaloska" (supongo que debe venir de Carlos Oscar), cubierta con chicos negro, los muchachos cubiertos de barro ... Es la mañana.

Y si vas a estas bandas de aquí ", dijo Doudouche, que lejos vienen Couvet negro o cubiertos con barro.

Así que me fui, por supuesto. Sólo un poco de negro en el brazo por un joven descarado.

 

Jacmel está de vacaciones.

 

Se prevé que el "Nacional de Carnaval."

Y todos los domingos, hasta el 27 de febrero, a la multitud a la calle.

 

Terrazas improvisadas. Los balcones están llenos. La gente se peguen."

 

Et , tenez vous bien, en cyrilique :

 

Чтобы перейти из Марселя в Жакмеле, это займет несколько дней и дней.

Это звучит как путешествие раньше.

Однако, не более упали швартовых трансатлантического парохода, она больше не запускает больших знаков в доки, прислонившись к перилам, волосы уже Сибриз.

 

Но мы все еще можем, к этому времени высокой скорости, жить бесконечный путь, который идет от древних большой гавани и перекрыв, еще один бывший крупный порт до тех пор, покинутый лодки. С одной стороны, несколько портовых рабочих объявили забастовку, чтобы остановить быстрее, чем другие, с другой стороны, больше грузов, больше   Докер долго.

 

Сейнт-Чарльз-Марсель. TGV является красивой машине с помощью автоматических систем во всем мире. Даже дверь ванной электрический. Но это так резко и современные, как обслуживание не легко. Многие неудачи могут произойти. Скорый поезд TGV, который оставляет иногда и раньше, происходит время от времени в соответствии с графиком и не обязательно останавливаться на каждом перекрестке в открытой местности. При условии, что дверь ванной не закрывается.

 

 


 

Je ne vais pas le cacher : être lu est une sorte de drogue. 

Mais être lu en cyrillique ( Russe, Yougoslave, Bulgare ???) c'est le top du trip. Marine , c'est du quoi ? ( Stp, ne me dis pas que c'est de l'Afghan)

 

Je comprends mieux les auteurs, maudits, sans lecteurs, qui dépriment.

Je comprends mieux Mireille Matthieu ou Patricia Kaas qui couraient à Moscou pour avoir du public.

 

 

Quand on ne me lira  plus à Marseille, Marquette, Paris (Rue Lepic), Pierrefeu, Jarna ( Bulgarie), la Savoie, Bourlon, Bordeaux, Villefranche sur mer, Nice,  et ailleurs, oui tous ces ailleurs non nommés, je sais qu'il me restera le marché russe.


J'avoue, cette petite notoriété, ces lecteurs qui laissent des commentaires, ça m'amuse et me donne envie d'aller plus loin.

 

Donc je vais revenir au réel.

Raconter des histoires magiques et quotidiennes.

 

Une anecdote pour aujourd'hui.

 

 

Dans la cour, il y a un tuyau qui a été bouché , à la colle, pour que n'importe qui ne l'utilise pas.

Pour que les réserves d'eau ne se vident pas.

Ceux qui ont Facebook on vu cette photo du gamin qui s'arrose.

 

Il a dû adorer.

Ce matin , à coups de roche, il a fait sauter le bouchon.

Et bien sûr toute l'eau s'est déversée. Parie en cataractes.

 

 

Je lui ai donc demandé de boucher le trou avec son doigt, le temps de trouver une solution.

Le pauvre. Mais bon, il n'était pas obligé de faire sauter le bouchon, non plus...

 

 

Il est resté 20 bonnes minutes avec le doigt bouchant le tuyau, le temps que je retaille un vieux manche à balai pour stopper la fuite.

 

 

Il se passe tous les jours quelque chose, même là, juste devant la porte. 2000 litres d'eau qui partaient au caniveau.

 

C'est dur, mais ça valait bien 20 minutes de doigt dans un tuyau, non ?

 


 


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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 18:19

 

Le titre racoleur, pour les moteurs de recherche , ça marche.

Pour ceux qui ont lu l'article de l'autre jour, ( Carnaval Jacmel Haiti 2011 ) plus de 100 connections se sont faites par Google !!

 

Donc je vais refaire le coup de temps en temps, quand l'audience baissera.

 

Mais pour remercier les nouveaux visiteurs, je poste aujourd'hui juste un lien sur mes photos du carnaval : tout le monde n'est pas sur Facebook...

 

 

link

 

Ce n'est pas encore le vrai défilé, qui est prévu le 27 février.

 

Mais c'est déjà somptueux.

 



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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 09:01

 

 

21 février 2011.  Un volcan en Haïti. Les experts sont « septiques. »

 

De la fumée continuaient à se dégager vendredi sur une parcelle de terre à Lamentin 52, Carrefour, provoquant la curiosité et l’inquiétude de dizaines de résidants du quartier.



"Depuis jeudi, j’ai personnellement constaté qu’une fumée montait du sol sur une propriété à Lamentin 52", a déclaré à HPN le maire adjoint de Carrefour, M. Jean Rousseau Moise.

"Nous avons fouillé jusqu’à 50 cm de l’endroit et les échantillons de terre que nous avons prélevé sont très chaude", a témoigné le maire adjoint. Il a d’autre part indiqué qu’il avait fait appel à des spécialistes.

Des sapeurs pompiers arrivés ce matin pour sécuriser l’espace sont repartis, a constaté un reporter de HPN sur place. Au départ des pompiers, les gens ont envahis le site pour satisfaire leur curiosité.

Des responsables de la protection civile ont été également alertés. Et les experts du Bureau des Mines et de l’Energie ne sont pas encore arrivés sur les lieux. “   ( HPN 19 FÉVRIER 2011 )

 

 

Pourquoi n’y aurait-il pas, également, un volcan en Haïti ?

 

Depuis plusieurs jours, donc, c’est un vent de panique qui flotte dans ce quartier et dans le pays.

Des habitants, puis des journalistes passent la nouvelle. La terre est chaude, de la fumée sort du sol.

Et on est tout proche des réservoirs d’essence et de gaz oil, à la sortie de la capitale, près du port.

 

Et s’il y avait éruption?

Des images de catastrophe majeure viennent en tête : quartier surpeuplé, réservoirs en feu, nuée ardente, roches en fusion qui s’élèvent et s’écrasent sur un nouveau Pompéï…

 

 

Après les cyclones, les épidémies, le séisme, il reste quelques désastres à vivre ?

 

Et, comme dit le grand panneau à l’entrée de la ville, la fin du monde est proche

 

panneau.png

 

( Photo : Diana Banciu )

 

Ce serait pour le 21 mai 2011, pour information.

 

Donc, on se questionne, on s’inquiète, on cherche des nouvelles.

 

 

Puis les expertises sont lancées.

Oui, la terre est chaude. 30 à 40 °. De la fumée ou de la vapeur sort vraiment de la terre.

 

On vérifie les risques volcaniques, on revise les lignes de failles. On scrute, on cherche, on analyse.

 

Pompiers, police, autorités, experts géologues, et parmi les plus grands sont sur place.

 

Même celui qui avait prédit le tremblement de terre et que personne n’avait entendu, en 2010.

C’est devenu une star, trop tard…

 

Bref, grande agitation.

 

Et l’un des enquêteurs a trouvé.

 

Le dégagement de chaleur et de fumée est bien réel.

 

 

Il y a bien un phénomène souterrain.  Le mystère peut s’expliquer.

 

 

 

Un peu plus loin, à quelques mètres de la zone, une brave femme fait la cuisine. Comme tout le monde fait ici : dans une cabane, des braises chauffent une marmite posée sur trois roches.

 

Le sol où se consume le bois est brûlant.

 

Mais, par manque de place, sans doute, la “cuisine” est établie sur l’emplacement d’une fosse de latrine.

Elle était simplement bouchée, sans évent, sans évacuation des gaz.

 

Les matières décomposées ont dégagé du méthane, en quantité.

Et ce gaz “ naturel”, chauffé, dans un trou sans échappement, a commencé à se consumer et à s’infiltrer dans des fissures jusqu’à la zone, un peu plus loin, du fameux volcan…

 

 

Imaginez, si la cuisinière avait vu sa marmite de cabrit s’envoler, son riz ak pois fuser dans les airs , si, à la longue, le gaz de la fosse avait explosé sous ses pieds …

 

Les experts avaient dit, avant de trouver cette explication à propos d’un éventuel volcan, qu’ils étaient très … sceptiques.

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 00:03

14 février 2011. NOUNOU fête Saint Valentin.

 DSCF4800.JPG

 

Tout de suite, on me  demandera qui est Nounou.

Je garderais bien le suspense jusqu’à la fin.

Mais ça n’ajoutera rien. Juste un effet de style, pour le coup.

 

Donc je lâche tout de suite les éventuels effets : Nounou est un des paysans de Lamontagne. (Orthographe officielle )

 

Et comme on le dit et le répète partout, Saint Valentin, c’est la fête du chocolat.

Les filles attendent leur boîte de pralines, de bouchées, de friandises, de M&Ms, de Kinder …

Au chocolat.

 

Donc c’est la fête de l’amour, version commercialo-occidentale.

 

La fille qui n’a pas sa petite boîte de chocolat aujourd'hui  est désespérée.

 

Cela doit être la ruée dans les markets ( supermarchés à l’américaine)  de la ville. Il y en a … deux.

 

Car les conditions sont strictes : il faut une boutique qui s’approvisionne aux USA pour trouver le précieux cadeau, et en plus qui soit climatisée pour que ça tienne à la chaleur.

 

Donc pas facile, cher, et importé…

 

Moi, déjà en temps normal, je hais les supermarchés, mais là, je n’ai même pas essayé d’aller voir.

 

Ça ressemble à Halloween en France. Un truc copié, sans rapport avec la réalité. Mais tout le monde en parle.

 

Et pourquoi on ne ferait pas une fête de Saint Valentin où le cadeau serait, au choix :

 

-       une vraie poule pays, et non un poulet importé blanchâtre et mollasson

-       une part de kassave juste cuite en forme de coeur avec du mamba frais

-       une caïmite mûre, mauve et douce,

-       un régime de figues bananes, symbole compris, avec un joli ruban rose,

-       un pot de confiture de grenadia aux abricots

-       un sachet de mangues séchées de Camp Perrin ( Ore)

 

Bref un vrai cadeau d’ici, avec de l’amour dedans.

 

Toujours est-il que c’est plutôt le chocolat qui est à l’honneur. Certains y rajoutent le blackberry ou le parfum français.

 

Cette journée-ci  doit être dure et terrible pour ceux qui ont perdu leurs bras dans le séisme (private joke, limite, pour les filles).

 

Et donc , Nounou, mon brave Nounou, paysan de base à Lamontagne, membre actif d’OPADEL ( en clair, on lui refile les corvées ) était tout fier de son achat. Au marché ? dans une boutique locale ?

Une jolie boîte de chocolats fins, en forme de cœur.

Et qu’il s’apprêtait à offrir à sa belle, restée à Jacmel.

Il me l’a montrée. Il était 2 heures de l’après midi, en pleine chaleur. Emballée dans son papier rose.

Il venait d'arroser les cacaoyers de la pépinière...

 

Je n’ai pas osé lui dire que ses bouchées devaient être fondues depuis un bon moment. Et que son amoureuse risquait de ne trouver qu’un bloc fondu agglutiné dans le fond de la boîte.

 

Mais c’est le geste qui compte.

 

A cette heure, au milieu de la nuit, Nounou doit être heureux avec sa belle. Elle s’appelle Mafifi.

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 19:56

13 février 2011. Carnaval 2011 à Jacmel.

 DSC06350

Les bandes à pied sont sorties, en masse. Les lanceurs de cordes, les « Chaloska » ( je suppose que cela doit venir de Charles Oscar) , les gars couverts de noir, les gars couverts de boue… Ça, c’est le matin.

Et si tu vas dans ces bandes là, me dit Doudouche, tu ressors couvet de noir ou couvert de boue.

Donc j’y suis allé, bien sûr. Juste un peu de noir sur le bras par un gamin effronté.

 

Jacmel est en fête.

 

On anticipe sur le «  Carnaval National ».

Et tous les dimanches, jusqu’au 27 février, la foule sort dans la rue.

 

Des terrasses s’improvisent. Les balcons se remplissent. Les gens s’agglutinent.

 

Y a t’il quelque chose de plus ésotérique que de boire une Prestige glacée assis à la terrasse éphémère d’une vieille maison de Jacmel, tellement frappée par le temps , les ouragans, les séismes, qu’il n’en reste qu’un bout de façade fissurée ?

Mais la Prestige est glacée.

 

Les bandes à pied défilent.

 

La bande, c’est un orchestre équipé de tambours, de vaccines ( les trompettes comme à la coupe du Monde , mais en mieux ), des vieux tubas, tout ce qui fait du bruit et  qui mène la danse.

 

Le Drapeau du groupe est devant.

Et la foule, les fanatiques du groupe concerné suivent. Chacun a sa couleur de Tshirt.

 

Le gros marchand de téléphone rafle la mise. C’est vrai que son business marche à fond.

 

 

Une bande, c’est donc :

 

-       une foule au bord de la rue, aux balcons, ou sur les terrasses éphémères

-       un porteur de drapeau, devant, qui ouvre la route

-       des bourgeois à contre sens dans leur 4x4 qui essayent de passer quand même

-       d’ autres bourgeois aux terrasses, Barbancourt  et Prestige sur la table

-       sur les trottoirs, tout ce qui sort des maisons, des ruines et des tentes

-       et les musiciens, entourés de la foule aux couleurs du groupe

-       une foule derrière ( je me répète, mais la foule est grande )

-       des marchands, des marchandes derrière le groupe, avec des brouettes pleines de bouteilles, de victuailles, de biscuits salés,

-       parfois d’un pick up de policiers, qui bougent leurs fusils en rythme.

 

Lexique :             Barbancourt : Rhum d’Haïti, le meilleur du monde

                        Prestige : Bière d’Haïti. ( Comme la Coq Hardi était la bière de Lille )

 

Il faudrait des blogs sonores pour percevoir le vécu.

 

Donc, on fait la fête en avance, pour être bien prêt le jour de la fête. On sort les T shirt colorés.

Quelques masques qui se profilent.

 

Et on secoue le corps. On bouge la ceinture. Les brouettes d’alcool se vident en cadence.

Les bourgeois se lèvent des tables à chaque bande.

Dans la rue, ça bouge, ça sue, ça trépigne, ça balance.

Le carnaval populaire, à la Dunkerquoise.

Pas de Corso, pas de chars fleuris qu’on regarde de loin, assis dans des tribunes  de la Promenade, au milieu de japonais en transe (un japonais en transe se reconnait au fait qu’il accélère le mouvement du doigt sur le déclencheur de son appareil photo, avec sa copine qui fait le V de la victoire deux mètres devant), pas de mimosas envoyés dans la foule.

La foule s’amuse, la foule délire. La foule secoue sur les battements du rythme.

La cadence est précise.

 

Les dimanches à Jacmel sont sonores, rythmés, chauds.

 

Et on oublie le quotidien.

 

C’est fait pour ça, le carnaval, non ? Pour lâcher la pression.

 

 

NB : pour le titre de cet article. J’avais bien prévu un truc qui sonne bien, et adapté,  style «  Décibels » ou «  Foule qui délire oublie ses problèmes »

Mais je me suis aperçu qu’un titre général d’actualité attire des lecteurs nouveaux par les moteurs de recherche.

Je vais voir ce que ça donne.

Un jour j’essayerai «  petites annonces » ou «  visiter la tour Eiffel », «  les victoires de l’OM »  ou encore « comment réussir sa vie ». J’aurai plein de visiteurs inespérés !!! Et surpris de tomber sur un article  de Jacmel.

Je n’ai pas osé, car il fallait le replacer , et puis c’est loin du sujet, «  voyages en jets privés par les ministres français ».

J’ai donc opté pour un titre local mais général.

Bonjour aux nouveaux lecteurs.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 22:24

8 février . « Le Petit Prince. » ( Ti prins lan )

 

 

J’ai décidé de m’inscrire à l’atelier d’écriture animé par Gary Victor à l’Alliance Française.

 

Plusieurs raisons :

 

-       Gary est un très grand, parmi les écrivains Haïtiens, et c’est une occasion unique de travailler avec un très grand.

-       Avant de me lancer dans ce blog, il y avait longtemps que je n’avais rien écrit, à part des rapports ou des tableaux. C’est bien d’apprendre quelques règles de base, non ?

-       Et je voulais  découvrir d’autres gens écrivant.

 

Ce sont des moments passionnants.

 

Les jeunes Haïtiens qui y participent sont très forts. Il y a une imagination et une force de création étonnante, ici. Même chez des très jeunes.

 

Si le texte final de la nouvelle qui en sortira me convient, je le mettrai sur ce blog.

 

Ce sera une nouvelle fantastique.

 

Mais ils ont une longueur d’avance, les autres.

 

Le merveilleux, l’extraordinaire, l’incroyable, le magique font partie du quotidien, en Haïti.

 

Donc moi, cartésien, logique et raisonnable, j’ai des difficultés à inventer une histoire fantastique.

 

On verra bien le résultat.

 

Gary a traduit « le Petit Prince », de Saint Exupéry, en créole. Les écrivains qui offrent à leur pays des textes majeurs comme celui-là, dans leur langue, devraient être couverts de médailles d’honneur.

 

C’est un joli texte.

 

Et puis, «  fè desen yon mouton pou mwen » je trouve que ça sonne bien.

 

Et toutes ces planètes différentes où habitent des gens multiples et différents, c’est proche de ce qui se passe ici : un roi, un ivrogne, un businessman, un allumeur de réverbère…

 

Haïti est un ensemble de Planètes multiples, qui s’ignorent.

 

Des paysans qui triment, des commerçantes usées, des ivrognes, des rois (déchus qui reviennent faire un tour sur leur ancienne terre), des businessmen …

 

Chacun sur sa planète, chacun dans son monde.

 

 

Comment peut on imaginer autre chose quand on voit le grand cirque politico-tragique qui se déroule ici.

 

Il doit aussi y avoir une planète de tireurs de ficelles, une de fauteurs de troubles, une d’empêcheurs de tourner en rond, une de profiteurs …

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 06:48

7 février 2011. Le steak.

 

P1050517.JPG 

Marchant vers Belle Hôtesse, une localité de la Montagne, en plein soleil de midi, soufflant et souffrant dans les montées, nous les avons d’abord entendus.

 

Le bruit tellement courant ici des dominos claquant sur la table.

Des éclats de voix. Des cris, des rires.

 

Un groupe d’hommes passaient le temps en se faisant une petite partie du jeu national.

 

Pourquoi tout le monde ici joue aux dominos ?

 

Un peu plus loin, sous une sorte de dais de toile blanche, tous les objets rituels de l’autel vaudou.

Les fioles, les icônes, des poupées, et même la statue d’un chérubin.

Des tambours, des vaccines (trompes de bambou dans lesquelles on souffle), divers instruments posés au sol.

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Une cérémonie va se tenir ici. Tout est en place. Ce soir sans doute.

 

On discute un peu, je fais quelques photos, ils n’ont pas trop envie de raconter. Pas de détails.

 

Doudouche devant, Romuald derrière, nous poursuivons alors la marche vers le quartier que je veux revoir.

Cette maison détruite par le séisme notamment, fissurée, fragilisée, et qui, en plus, a reçu un cocotier qui s’est effondré sur le toit.

Chez Lito. Je raconterai Lito et surtout Lucienne.

 

Au retour, nouvelle suée sous le soleil, les montées sont très dures en milieu de journée.

 

Et nouvel arrêt. Ils jouent toujours aux dominos. Un des perdants a un gage : il est debout sur une jambe et porte un lourd tambour.

 

Un peu plus loin, derrière, les femmes sont regroupées. Je vais voir.

On a tué un bœuf.

Elles le découpent, le nettoient pour le préparer.

C’est pour ce soir.

Je m’assoie, je discute. Elle sont hilares. Il fait quoi, ce blanc ici, et qui parle créole, en plus. Des visages marqués, mais des regards rieurs.

 

Je n’avais pas vu de si  beaux morceaux de viande, rouge, depuis longtemps.

 

Depuis un mois, cette cérémonie se reproduit ici, chaque soir.  Alors ils tuent un cabrit, un cochon et parfois un bœuf, pour nourrir les participants.

Des nuits de danse et de transe, des repas répétés.  Une fortune, sans doute.

 

Il  faut surtout donner à manger au diable pour éviter qu’il ne les tourmente.

 

On discute, j’essaie d’en savoir plus, on passe un peu de temps.

 

L’une des femmes me propose d’emporter un morceau du bœuf.

Sans hésiter, j’accepte.

Un bon quartier de viande fraiche, bien rouge, ça va me changer des morceaux marinés dans le jus d’orange amère et  cuits si longtemps.

 

Quelques photos encore, je distribue des cigarettes. Elles découpent et nettoient les bouts de bœuf, clope au bec.

 

Et puis on lève le camp. Toujours dans le même ordre.

Doudouche devant.

On retrouve la voiture après un bon quart-d’heure de marche dans le sentier caillouteux.

 

Et là, Doudouche me dit : « ne touche pas cette viande, ne la mange pas !

C’est le manger du diable. »

 

Je réponds, j’argumente : « je ne suis pas vaudouisant, je ne crois pas aux pratiques magiques, je ne suis pas dans ces cultes là… » Même si je m’y intéresse.

 

«  Ne la mange pas, elle pourrait être empoisonnée… »

 

Je lui dit que j’ai vu le bœuf à peine tué, qu’elles ont sorti le morceau de la grande bassine où se trouvaient les autres, que…

 

Je regarde Romuald et le questionne, en sa qualité d’ex-commandant de police, il doit être plus rationnel, plus terre à terre.

Et il me dit aussi : « ne la mange pas ».

 

Je suis rationnel, je ne crois que ce que je vois, cartésien, pas trop dans le magique et l’imaginaire.

 

Mais je n’ai pas mangé le steak.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 22:53

1er Février 2011 . Coincidences.

P1040839.JPG

 

Ce matin j’écoutais la radio. Les soubresauts du monde et les retournements. Les dictateurs se font lâcher, un par un. L’échiquier s’embrouille.

La foule est dans les rues.

Les égyptiens poursuivent le travail des Tunisiens, et bientôt d’autres s’y mettront.

L’Algérie ?

Et si on allait vers un monde de paix et de justice ?

Et si Israel devenait un jour un peuple pacifiste ?

Et si les élections portaient au pouvoir un vrai président populaire et efficace en Haïti ?

 

J’ai dû forcer sur le barbancourt. Je commence à dire des bétises.

 

Ici, les dictateurs reviennent, ouvertement, après leurs vacances françaises ou sud-africaines.

 

Bref, ce matin, dans le flot des nouvelles, après l’Egypte et Moubarak ( j’ai eu un mal fou à expliquer à Doudouche que Moubarak et que Barak Obama ne sont pas des expressions chti, depuis que je lui ai appris quelques phrases, dont «  on artourne al barak » ), juste après les infos , passe un message informatif, à la radio.

 

 

De mémoire cela donne ceci :

 

le pneu de voiture comporte de nombreuses substances chimiques nocives. Quand on le brûle, ces poisons s’échappent dans l’air et on les respire. Les poussières contenues dans la fumée du pneu qui brûlent donnent des maladies : on devient asthmatique, poitrinaire… Il ne faut pas brûler les vieux pneus, c’est pas bon pour la santé.

 

Le message est financé par un ministère et une agence de développement d’un grand pays occidental voisin.

 

Incroyable !!!

 

Juste le jour où l’opposition descend dans la rue pour demander l’annulation des élections,  juste la veille des résultats finaux du premier tour.

C’est un peu dire au  gens :  « sortez mais ne faites pas de barricades, ça pue et c’est mauvais pour la santé. »

 

Mais ce qui est incroyable, c’est qu’aujourd’hui, le pouvoir annonce qu’il donnera un visa à Aristide.

 

Le président qui a infusé  dans la tête et dans le cœur des haïtiens une dose massive de désespoir et de défaitisme : il a créé un espoir phénoménal chez les exclus et les défavorisés, pour terminer pire que les autres.

Quand je me rappelle cet après midi de l’été  1987, à Pont Sondé, où je lui ai sans doute sauvé la vie. Je me demande si je n’ai pas des regrets, quelquefois…

 

Bref, le même jour où on parle de la nocivité de la fumée du pneu qui brûle, on accepte le retour de celui là même qui trouvait que c’était chouette :

 « M. Aristide, un ancien religieux, un ancien prêtre catholique, fait alors ce soir-là ( le 27 septembre 1991 ) l’éloge du <<Père Lebrun>>, dénommé aussi <<Supplice du Collier>>. ( un pneu enflammé autour du cou de suppliciés)  <<Quel instrument efficace ! c’est beau ! Ça sent bon>> a déclaré avec volupté » Aristide qui revenait  d’une réunion de l’ONU… 

Coincidences des annonces.

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 21:27

30 JANVIER 2010 . La nuit tombe à 6 h.

 DSC06166.JPG

Quand on revient en Haïti après quelques semaines, on se prépare à tout retrouver comme avant.

 

J’ai lu la presse qui dit que rien ne bouge.

 

J’ai lu les blogs désabusés qui expliquent que rien ne peut changer ici.

Herman s’y est remis : il me manquait un peu. Il faut des gens comme lui qui râlent sur le système dans lequel ils sont et qu’ils contribuent à maintenir.


link ( cliquez le lien, si vous voulez,   )

 


Et puis j’ai vécu ici suffisamment longtemps pour savoir que pour modifier quelque chose, il faut du temps. Il y a toujours un truc qui vous arrête : cyclone, tremblement, panne d’essence…

 

Donc en rentrant, pas trop de fol espoir, pas trop d’illusions préalables.

 

Mais, en arrivant, j’ai trouvé le pays changé. Il est vrai que fin décembre c’était un peu le marasme, le chaos total. La paralysie.

 

Les petits travaux de l’aéroport, le semblant d’ordre à la sortie des bagages, les camions chargés de matériaux qui emplissent les routes, et ces abris de bois et d’aluminium sur la route de Jacmel.

 

Oui, il m’a semblé que quelque chose avait changé. Infime, peut être. Mais là.

 

Je ne parle même pas de « nos » maisons qui ont poussé à la Montagne.

 

Céjour et sa famille qui dorment sous un toit, Laudèse qui emménage, avec ses cinq gamins, Gertrude qui regarde la vue mer depuis la fenêtre de son salon, Odin qui rigole toute la journée en regardant sa petite maison, Immacula et sa famille qui ont évacué de leur tente.

 Allez, je vous en montre un peu : 


link (à cliquer pour les photos)

 


 

J’ai aimé ce retour à la Montagne, où la vie continue, où  les paysans travaillent la terre, charrient du sable et des roches.

 

L’avantage de vivre loin des capitales et du microcosme, c’est sans doute ça aussi : je n’ai pas à pester sur le blocus du matin, pas à participer au système urbain, pas à subir les pince-fesses ONGiens.

 

Juste avancer, contribuer à multiplier des habitats, des logis, recaser des familles…

 

Alors ce qui a changé encore ?

 

-       un dictateur est revenu et tout le monde le laisse passer.

-       Il n’y a plus de grenadia sur les marchés.

-       Les bandes de carnaval  sont de sortie à Jacmel.

-       La rivière se traverse à gué, chaque jour.

-       Les couleurs des affiches électorales sont passées.

-       La nuit tombe à 6 heures.

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 08:56

26 janvier 2011. Escales.

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Pour aller de Marseille à Jacmel, il faut des jours et des jours.

Cela ressemble aux voyages d’avant.

Pourtant, on ne largue plus les amarres d’un vapeur transatlantique, on ne lance plus de grands signes vers les quais, appuyé au bastingage, cheveux déjà au vent du large.

 

Mais on peut encore, par ces temps de grandes vitesses, vivre un voyage interminable qui va d’un ancien grand port qui s’étouffe et s’éteint, à un autre ancien grand port si longtemps déserté par les bateaux. D’un côté quelques rares dockers font grêve pour s’arrêter plus vite que les autres, de l’autre, plus un chargement, plus un  docker depuis longtemps.

 

Marseille Saint Charles. Un TGV est une belle machine avec des systèmes automatiques partout. Même la porte des toilettes est électrique. Mais c’est tellement moderne et pointu que l’entretien n’est pas facile. Des tas de pannes peuvent se produire. Un TGV est un train rapide qui part parfois à l’heure, arrive de temps en temps au moment prévu, et ne s’arrête pas obligatoirement à chaque trajet en rase campagne. Pourvu que la porte des toilettes ne reste pas bloquée.

 

Les premières excuses du voyage. Celles de la SNCF. Les freins récalcitrants, un dimanche après midi, et voilà que déjà le timing joue de l’élastique. Les au-revoir des quais devraient toujours être courts.

 

Paris gare de Lyon. Déjà la nuit. Et encore le froid, à attendre, comme une centaine d’emmitouflés, dans la file des taxis. Lau suit la progression au téléphone : «  ne quitte pas… » On dirait du Brel.

 

Orly Sud, le même hôtel, la même pluie. «  La vie ne fait pas de cadeau,  Eh, nom de dieu, c’est triste, Orly, le dimanche… ».

 

Et le lundi matin, j’inaugure la nouvelle machine à contrôler les bagages : elle repère les objets indésirables, comme la mousse à raser, le chargeur du mac. J’ai bien fait d’arriver deux heures avant.

Je suis sûr, ainsi, de ne pas  rater l’avion , d’autant qu’il a une bonne heure de retard.

 

Pointe à Pitre, Pôle Caraïbes.

Je trouve que les aéroports devraient tous avoir des noms de gens célèbres. Saint Exupéry, Charles de Gaulle, Césaire, là au moins, c’est la classe. On aurait pu l’appeler Ernest Emingway, ou Haroun Tazzieff.

La pluie. Tropicale, bien sûr. Le chauffeur du taxi me parle des inondations d’il y a quelques jours. Mais où donc pourront aller les touristes qui évitent la Tunisie, s’il pleut en janvier aux Antilles ?

 

Une escale ici, c’est comme un sas, une révision avant la vraie arrivée : la nuit est chaude, bruyante, décalée. Et le rythme déjà n’est plus le même.

 

Un autre retard à l’envol : il y a un trou sur la piste de la prochaine escale de Fort de France. L’aube se prolonge donc à attendre qu’on rebouche le tarmac. Un arrêt en Martinique, l’avion se vide et se remplit à nouveau. Direction Santo Domingo.

Pour faire rêver, en cet hiver qui n’en finit pas, en métropole (j’ai failli dire en France, par erreur) je survole l’eau turquoise, parsemée d’îles caraïbes.

 

Et à nouveau, à Saint Domingue, l’avion se vide, et se remplit. C’est comme un tap-tap des airs.

 

Je n’ai pas vu la fameuse ligne de frontière entre l’est et l’ouest d’Hispaniola.  Tout le monde m’en parle. Vert d’un côté, terre de l’autre. Je n’étais pas au hublot, et surtout occupé à discuter avec un personnage, dont je reparlerai. Mais on me dit que cette frontière est visible du ciel.

 

Et puis enfin, mardi après midi, l’aéroport Toussaint Louverture. Duvalier ( Jean Claude ) l’appelle encore l’aéroport « François Duvalier ». Il a vingt cinq ans d’amnésie. Qui pourrait lui dire à Jean Claude qu’il s’est enfui une nuit de février 1986 ? Chassé et honni.

 

La poignée de ma valise trop lourde se brise juste à la sortie de l’aérogare. Doudouche, hilare et malicieux est là.  En route pour Jacmel.

 

Le travail peut reprendre.

 

 

 

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