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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 18:43

JANVIER / FEVRIER 2012. Sur une terre qui tangue.

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La terre tangue, et bouge encore.

Les fissures ne sont que colmatées. Camouflées.

La grande faille, la douloureuse, la dangereuse est encore active.

Enriquillo. C’est comme le nom d’un chanteur de salsa.

 

Les plaques se frottent doucement, enmagasinant la future explosion, préparant la fracture finale. De toutes façons, ça va péter.

 

La terre doit flotter sur des bases friables. Un magma liquide, et des plaques posées dessus. C’est comme la vie d’un homme. Quand les plaques frottent trop, après trop de tensions, le séisme se produit.

 

Et dessus, sur cette sorte de banquise tropicale,  les foules dansent. Quoiqu’il se passe en dessous.

 

Les bandes agglutinées cadencent dans les ruelles. Vibrent, remuent.

 

Parfois des pierres, des bouteilles volent.  La troupe se disloque à peine, et reprend le rythme. Serrée contre les musiciens, au plus près. Le pas de danse des bandes à pied est un spectacle à lui seul.

 

Face à  tous ces peuples dociles et éduqués qui vivent sans tambours ni trompette, celui-ci cumule les excès : trop de tambours et de trompettes, de vaccines, de bambous, de rythmes, de peaux tendues martellées.

On y ajoute des trombones et des tubas, si nécessaire.

 

Des chants, des sifflets, des hanches qui moulinent, des épaules qui frétillent.

La foule est dans la rue. Regards brillants. Epaules dégoulinantes.

 

Dans les recoins des ruelles, au milieu de la nuit, en plein soleil, des milliers de mains ont des morceaux de sacs de ciment, de boîtes en carton sur des moules de terre.

Papier mâché. Le grand Carnaval.

Masques et visages éclatants de couleurs. Plein soleil, les masques brillent.

La rue se transforme en arène. Des stands cachent les façades.

Les bandes poursuivent leur marche. Drapeau devant.

 

La sueur dégouline, les pas sont rythme et jeu et danse et cadence.

 

Tant de sons mélés. Cette  foule est inconsciente, ou quoi ?

 

Mesdames, messieurs, vous ne savez pas que nous sommes sur la faille ? Sur le fragile, sur l’inconsistant ?

 

Mais allez-y, dansez… Je regarde. 

 

Et je flotte un peu sur un sol qui bouge.

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Published by planete-haiti
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