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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 22:40

24 Octobre 2011. Une journée à Baguette.

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Certains jours, il faut tout laisser, tout arrêter.

Par exemple  pour réfléchir au sens de la vie, ou à rien.

 

Le meilleur moment serait un dimanche matin, après la pluie de l’aube, le lendemain d’une secousse tellurique.

La panique est retombée maintenant. Certains ont dormi dehors. Une peur ancienne qui revient.

 

L’agitation des jours passés a laissé des traces. Mais surtout une sorte de grosse fatigue.

 

Ce dimanche, la ville est exceptionnellement calme. Les seuls autres moments où  ce même calme règne dans les rues, c’est pendant les matchs du Brésil, ou de Barcelone, quand tout le monde est collé devant les écrans des échoppes et des loteries.

 

Il faut alors s’éloigner un peu, traverser la baie, prendre le large.

Tibwa  dirige son canot pleins gaz, longe les falaises de craie, puis ralentit près d’une barque de pêcheurs.

Au fond, un homme a plongé, très loin, relié par un tube de plastique au moteur antique et poussif que transporte la barque.

Il remonte des langoustes de bonne taille.

 

Elles seront parfaites pour accompagner la réflexion, plus tard, grillées, décortiquées et plongées dans la sauce au piment.

 

Sur la plage, les pêcheurs réparent leurs filets déchirés, assis au bord des vagues.

Il faudra au moins quatre jours à Dieumaitre pour terminer son travail. Quatre jours de pêche perdus. Les pêcheurs ont des gestes de couturières.

 

La mer aussi est apaisée, calme et tranquille.

 

Tibwa s’est écarté pour boucaner les langoustes sur un feu de feuilles de cocotier.

 

 

 

La fumée pique un peu les yeux.

 

Les enfants, curieux, viennent nous parler. Espèrent peut-être quelque chose.

Les musiques sont lointaines. Pas de bruits de moteur oude klaxon. La ville est oubliée, de l’autre côté de la mer.

 

Je connais ce lieu, j’y suis déjà venu. Paix et sérénité.

 

Le dimanche défile lentement.

 

Je marche visiter les maisons détruiteS un peu plus loin.

Des ruines grises laissées par le séisme de l’an dernier. Des familles sont sous les morceaux de toiles de tentes. D’autres habitations, solides, restent droites et belles.

 

Mais la plupart ont souffert ou sont à terre. Le désastre a frappé loin.

Même sous les cocotiers de Baguette.

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Published by planete-haiti
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