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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 05:59

26 JUILLET 2010.  15 JOURS APRÈS.

 

Il y a quinze jours, une envolée d’articles divers annonçait , sur tous les grands médias : Haïti, six mois après… Et, en gros tous disaient que rien n’a été fait.

 

J’ai déjà, par quelques touches, de-ci de-là, exprimé mon désaccord sur ce jugement à l’emporte pièces.  Expression parfaitement choisie si on donne à « pièces » son sens immobilier.

 

Donc, je vais affiner.

 

D’abord, mon opinion des journalistes en général n’a pas varié. L’avantage d’avoir un jugement général sur une profession est que l’on peut être ultra négatif, voire destructeur, mais glisser dans ce jugement dévastateur qu’ils ne sont pas tous comme ça.

Par exemple, au hasard, les syndics : ce sont, en général, des voleurs incompétents… sauf le mien qui se débrouille pas trop mal ; les notaires sont, en général, des escrocs, mais j’en ai trouvé un qui est bien ; les médecins, en général, s’en mettent plein les poches, mais là, celui-ci est pas mal ; les fonctionnaires, en général, n’en font pas une… etc

 

Pour les journalistes, c’est ainsi : les journalistes, en général, répètent les idées que quelqu’un a eues, font preuve de peu d’originalité, vont tous au même endroit, recopient les mêmes sources.

 

Dans certains cas, c’est normal : le vainqueur du Tour de France est unique. (C’est bien l’Espagne qui a gagné ?) Et même un journaliste original aurait, dans ce cas, du mal à inventer autre chose. Peut être un article sur le dopage serait une idée originale ?

 

Mais pour Haïti, la pensée unique est : six mois après, rien n’est fait.

 

Et tous ont repris la même rengaine : malgré les milliards d’aide promise,  Haïti ne fonctionne pas encore normalement. Et on ne sait pas où tout cet argent s’en va. L’aide promise n’est qu’une  promesse de don…

 

Donc, il y a quinze jours, tout le monde s’est dit : tiens,  on ne parle plus d’Haïti depuis bien longtemps, il n’y a pas eu de catastrophe récente, on va se faire un numéro anniversaire.

 

Je n’ai pas tout lu, mais j’imagine les titres :


Le Monde : « Six mois après, Haïti n’a pas reconstruit le palais  présidentiel ni le sénat. La démocratie est en danger»

Le Figaro : «  Six mois après, le garage Mercédès est encore sous une tente: l ‘Amérique promet une intervention. »

Libération : «  Les « RUES...IN ».  Six mois après, le guide des  rues dégagées, les débris à la mode, les coins sympas derrière les gravats.

La Croix : « Six mois après, le Sacré Cœur de Turgeau n’accueille toujours pas de fidèles, le dimanche »

L’Equipe : «  Six mois après, Richter :7, Haïti : 0 »

 

Bref plus sérieusement, des dizaines d’articles pour célébrer ces six  mois. Je suppose qu’on en a profité pour écrire dès maintenant les articles de dans six mois : Haïti, un an après… Rien n’est fait.

 

Je suis contre cette pensée unique.

 

Haïti se relève.

 

Haïti se reconstruit, à sa façon.

 

Avec son extrême énergie, son courage à toutes épreuve, son inventivité permanente. Enfin, je veux dire les Haïtiens au quotidien, ceux de la base.

 

Vous croyez que c’est simple ? En Vendée, on en est où, de la reconstruction ? Six mois après les inondations, les gens sont rentrés chez eux?

 

Le défi, ici, est colossal : reconstruire un pays qui était déjà en ruine…

 

Je disais, en  arrivant :

 

« Dans un décor d’après le  dernier jour, où le bâti se confond avec le détruit ; cette maison est effondrée ? Non elle était comme ça avant. Ce quartier est à terre ? Il n’était pas beaucoup plus haut avant. »

 

Qui peut juger ? Les journalistes de palaces ? Les doctes Haïtiens de la diaspora qui n’ont pas mis les pieds ici depuis trente ans et qui se répandent chaque jour dans la presse régionale ?  Les redresseurs de torts ? Les spécialistes ?

 

Moi, je dis que ce pays a une puissance extrême, une force, une  capacité d’adaptation sidérante.

 

Les larmes aux yeux, ce matin, de cette famille qui vit sous une tente depuis janvier et qui voit arriver trois camions de blocs. Mamie, qui nous dit qu’elle est centenaire : « j’ai pris connaissance de mon âge, sur les registres, il y a longtemps, et j’avais quatre vingt dix ans. »

 Et elle me dit : je peux mourir maintenant, mes enfants auront une maison… ( à suivre )

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Published by planete-haiti
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