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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 20:15

18 juin 2010 . 22H30 .  N.G.O.

 

 

NGO, c’est l’acronyme anglais de ONG. Organisation non gouvernementale.

Des gens, jeunes, et de moins jeunes, qui travaillent pour le bien du monde.

C’est hallucinant, le nombre d’ ong. Et le nombre de gens chargés d’essayer d’améliorer les choses.

 

Ce soir, c’est fête à l’hôtel Florita. Helena s’en va.

Elle a réuni du monde pour son départ.

C’est comme un mundial : l’anglais discute avec l’algérien, le mexicain toise le français ( qui ne va pas tarder à rentrer au pays) , l’américain s’organise avec le slovène, la belge originaire du chili déguste les pizzas…

Le monde a dû être refait mille fois.

 

Il n’y avait pas autant de nationalités, la première fois. Nous étions surtout une bande de jeunes volontaires, essentiellement français.

Là, c’est venu de partout. J’ai oublié le Canada, le Congo, le Vénezuela,  Marseille,  et tant d’autres.

 

Donc les NGO sont là pour remettre Haïti dans le bon chemin.

 

La plupart travaillent beaucoup, et on voit le résultat des interventions : secours, soins, protection des femmes ou des enfants.

Camps, distributions, travail de remise en ordre et de nettoyage ( cash for work)

 

Il y a des milliers de gens qui sont venus de partout.

 

Les haïtiens regardent un peu ce monde passer et tentent d’en tirer quelque chose.

La technique, la connaissance qui débarque est parfois un peu loin de ce qu’ils vivent au quotidien. Ces moyens là, ils ne les ont pas.

Des énormes camions siglés UN (Nations Unies ) traversent le pays.

 

Espérons qu’il sortira de toute cette énergie quelque chose d’utile et d’efficace.

 

 

 

23  JUIN 2010. OCCUPE !

 

Je n’ai pas vraiment laissé tomber, mais j’étais sur un rythme disons prenant.

Cela ne veut pas dire exactement efficace, et follement constructif, mais en tous cas chronophage.

Je vais donc raconter un peu ces derniers jours.

 

La dernière visite à la Montagne date de jeudi 17. La journée a été longue et passionnante car il s’est agi de faire le tour de toutes les écoles de la zone, à la fois pour les géolocaliser ( ces points GPS seront utiles pour déterminer les emplacements exacts et serviront de références à l’ensemble des organisations, tant pour la protection, que la distribution de bâches, ou de tentes)

Unicef a accepté de nous en fournir un certain nombre de tentes, en attendant la reconstruction des écoles.

 

Donc visite, en grande partie à pieds des coins reculés de la zone, des écoles plus ou moins détruites, des directeurs qui essayent de survivre et de faire tourner les établissements.

 

Le vendredi et le lundi sont partiellement consacrés aux réunions des coordinations ( éducation, construction…)

 

Ce week end a été studieux et difficile , entre les problèmes de connexion, la compta à tenir et le système informatique à comprendre et maîtriser.

 

Donc mardi, Port au Prince…

 

Mais je vais remettre un peu les choses dans le contexte.

 

Revenir en Haïti, c’est comme un roman de Dany Laferrière.

Je conseille à chacun de lire «  L’énigme du retour » ( prix Médicis )

Il y raconte bien cette nécessité du départ, du retour, et ce qu’il trouve .

 

Une phrase m’a particulièrement hantée pendant des semaines, avant de venir ; c’était exactement ça. L’appel au départ et la presque impossibilité de ce départ :

 

 "  Il arrive toujours ce moment,

le moment de partir.

On peut bien encore trainer un peu

à faire des adieux inutiles et à ramasser

des choses qu'on jettera en chemin.

Le moment nous regarde 

et on sait qu'il ne reculera plus."

 

Et voilà, pour rejoindre un autre livre de Dany Laferrière, ( « Pays sans chapeau », je crois), il y a une double vision permanente : le pays réel, et le pays rêvé.

Cela rejoint mon pile et face.

 

Ce pays est multiple et peut vous faire passer en quelques instants de la plus grande exaltation à la pire des dépressions.  En quelques minutes, le ciel bleu parfait se couvre et des cataractes tombent.

 

Un instant de pur bonheur à la Montagne est balayé par dix minutes dans un ministère.

 

Alors, quelques exemples du pays réel :

 

-       Bureaucratie.

J’ai acheté une voiture. Tout devait être très simple. Puis au moment du transfert de plaque à mon nom, on me demande mon permis de conduire. Je donne fièrement mon superbe permis international. Eh non … Il faut  le permis haïtien. Et pour l’avoir, il faut un numéro d’identité fiscal haïtien. ( NIF) Et pour avoir le NIF il faut aller à la DGI ( Direction générale des Impots)

Donc, retraversée de la ville. Port au Prince c’est en permanence, à toute heure ce qu’on appelle ici un blocus. C’est à dire qu’il faut deux heures pour faire 2 Kms.

Donc blocus, et arrivée à la DGI, dont les bâtiments ont été détruits et les équipes décimées… Le bureau actuel est un préfabriqué où se trouvent 4 agents répondant aux demandes de dizaines de personnes. Je demande donc mon NIF, et là on me demande … ma carte de séjour.

Il faut des semaines pour l’avoir.

Donc en gros une matinée perdue, une voiture qui restera encore quelques emeines au nom du vendeur…

 

-       Désolation.

La désolation, c’est ce que je risque de ne plus voir, très vite parce que cela fait partie du quotidien.

Faire des photos de paysages paradisiaques, avec des plages turquoise, c’est en fait montrer une image très limitée de la réalité. Ici, tout est désolation, chaos, destruction, fatras.

C’est extrêmement choquant, mais on s’y habitue très vite.

 

Et en plus, avec ces pluies , c’est terrible.

 

Je ne vois déjà plus cette route défoncée, ces carcasses de toutes sortes qui sont sur les bas côtés , ces centaines de maisons effondrées. Il reste des centaines de milliers de personnes déplacées, dont une majorité dans des endroits à risque ( ravines, endroits inondables…)

 

Cette situation est peu visible directement à La Montagne, mais chaque visite à Port au Prince est un rappel douloureux. Mais comment font ils pour survivre, là ?

Il y a une dose d’adaptabilité impressionnante dans ce peuple. On parlait d’inventivité.

Hallucinant.

 

Et moi qui rouspète quand je n’ai pas d’eau, de courant ou d’internet, pendant quelques heures.

Mais alors vivre sur un tas d’ordures, sous une toile trouée, ce serait quoi ?

 

J’ai déjà un peu dit tout ça, mais cela revient, revient, imprègne, c’est une sorte d’évidence quotidienne. Mais je suis sûr que très vite je ne le verrai plus. Que ceux qui passeront ici seront effrayés d’un quotidien qui ne me marquera déjà plus…

 

 

A part ça, on a tout bouclé pour le transport des matériaux des premières maisons : choix du fournisseur, choix des quantités, des ouvriers.

Tout est calé.

 

Sauf que depuis quelques jours  la route est impraticable ( rivière trop haute, boue partout)

 

On n’a donc pas pu faire le transport . Mais on espère …

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Published by planete-haiti
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commentaires

Alain Boccard 26/06/2010 06:17


Salut Philippe,
Un rapide coup d'œil sur le blog,comme presque tous les jours, pour suivre l'aventure.
Bon courage.


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