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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 21:27

30 JANVIER 2010 . La nuit tombe à 6 h.

 DSC06166.JPG

Quand on revient en Haïti après quelques semaines, on se prépare à tout retrouver comme avant.

 

J’ai lu la presse qui dit que rien ne bouge.

 

J’ai lu les blogs désabusés qui expliquent que rien ne peut changer ici.

Herman s’y est remis : il me manquait un peu. Il faut des gens comme lui qui râlent sur le système dans lequel ils sont et qu’ils contribuent à maintenir.


link ( cliquez le lien, si vous voulez,   )

 


Et puis j’ai vécu ici suffisamment longtemps pour savoir que pour modifier quelque chose, il faut du temps. Il y a toujours un truc qui vous arrête : cyclone, tremblement, panne d’essence…

 

Donc en rentrant, pas trop de fol espoir, pas trop d’illusions préalables.

 

Mais, en arrivant, j’ai trouvé le pays changé. Il est vrai que fin décembre c’était un peu le marasme, le chaos total. La paralysie.

 

Les petits travaux de l’aéroport, le semblant d’ordre à la sortie des bagages, les camions chargés de matériaux qui emplissent les routes, et ces abris de bois et d’aluminium sur la route de Jacmel.

 

Oui, il m’a semblé que quelque chose avait changé. Infime, peut être. Mais là.

 

Je ne parle même pas de « nos » maisons qui ont poussé à la Montagne.

 

Céjour et sa famille qui dorment sous un toit, Laudèse qui emménage, avec ses cinq gamins, Gertrude qui regarde la vue mer depuis la fenêtre de son salon, Odin qui rigole toute la journée en regardant sa petite maison, Immacula et sa famille qui ont évacué de leur tente.

 Allez, je vous en montre un peu : 


link (à cliquer pour les photos)

 


 

J’ai aimé ce retour à la Montagne, où la vie continue, où  les paysans travaillent la terre, charrient du sable et des roches.

 

L’avantage de vivre loin des capitales et du microcosme, c’est sans doute ça aussi : je n’ai pas à pester sur le blocus du matin, pas à participer au système urbain, pas à subir les pince-fesses ONGiens.

 

Juste avancer, contribuer à multiplier des habitats, des logis, recaser des familles…

 

Alors ce qui a changé encore ?

 

-       un dictateur est revenu et tout le monde le laisse passer.

-       Il n’y a plus de grenadia sur les marchés.

-       Les bandes de carnaval  sont de sortie à Jacmel.

-       La rivière se traverse à gué, chaque jour.

-       Les couleurs des affiches électorales sont passées.

-       La nuit tombe à 6 heures.

 

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Published by planete-haiti
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commentaires

goni JJ 01/02/2011 23:33


bonjour Philippe
la photo est magnifique
par contre la quantité d'anciens dictateurs en Haïti est impressionnante
à + Philippe
JJ of Nice


planete-haiti 02/02/2011 05:06



et oui, malheureusement !!!


Et si on ne les avait pas protégés ...



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