Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 08:46

7 avril 2011.  L’INFLUENCE D’UN CENTRE DE BASSE PRESSION QUASI STATIONNAIRE …

 DSC09375.jpg

 


Un groupe de jeunes filles se serrent sous un parapluie en riant.

Elles sont déjà trempées et le parapluie donne une tâche de couleurs au portrait : peinture à l’eau.

 

Plus bas dans la rue, un enterrement passe. Les musiciens, la famille, les amis, les curieux, tout le monde est sous l’averse. Le mort est au sec, comme dit Moro.

 

Les barbacanes des terrasses déversent des milliers de litres d’eau dans la rue. Cascades. Cataractes.

 

Des torrents dévalent dans les rues, emportent les fatras, bouteilles, sachets qui s’agglutinent aux grilles de l’égoût.   Tout s’arrête. Tout s’englue.

Des mares, des étangs se forment dans les quartiers du bas. La boue s’étale. Il faudrait un canoë pour s’engager dans certaines ruelles.

 

Sous les tentes, couvertes de bâches de secours ou de toiles rafistolées, on ne dormira pas. Une nuit de plus. Combien de nuits encore à veiller sous l’eau.

 

La rivière est furieuse. La terre s’en va à la dérive. Pourra-t’on traverser bientôt ?

 

 

On dirait que toutes les pluies qui ont tardé à venir se déversent d’un seul coup.

Le ciel se rattrape. Cherche à se faire pardonner. Vannes grandes ouvertes.

 

On parle de désastre nouveau. Port au Prince compte ses morts. Ils avaient survécu au séisme et au choléra.  Le centre de basse pression ne les a pas manqués, cette fois.

 

Basse pression, cela soit signifier qu’elle est très élevée tout autour. Comme des coups qui redoublent sur une peau tendue, comme un vide entouré de sarabandes, comme un trou noir dans un flot de lumières trop fortes. Un siphon, un trop-plein.

 

Jacmel l’après midi est comme un soir d’automne. Gris, sale, humide, détrempé.

Demain, Saint Médard : pourvu que la pluie s’arrête à temps. 40 jours, ce serait long.

 

Le soir les rues sont des canaux.

Je suis comme à Venise dans mon pick up noir laqué comme une gondole.

Je laisse un sillage à l’arrière, où les eaux se referment sur mon passage. L’avant est une étrave. « O sole mio »…

 

Les paysans, là haut, sont heureux. Il ne faudrait pas que cela se prolonge. Les pois risquent de pourrir sur place. Mais enfin , là haut, le vert déborde.

Partager cet article

Repost 0
Published by planete-haiti
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Blog: PLANETE HAÏTI
  • : INDIQUER UNE ANNEE , DEPUIS 2010, DANS " RECHERCHER" pour retrouver les 154 articles publiés. "La vie à Jacmel, Haïti, après le séisme, les cyclones, le choléra, les élections et le reste."
  • Contact

Texte Libre

Recherche