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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 20:08

9 avril 2011. KINAM.

 P1040133

 

Une panne de transmission me laisse en plan, en plein cœur de Port au Prince.

Doudouche est désespéré.

Le rendez vous à Pétionville, il ne faut pourtant pas que je le manque. Il me reste une demi-heure.

 

Je termine le voyage à moto. Un  vrai trip. Du bas de la ville à la Place de Pétionville, à fond les manettes, dans le trafic toujours intense, la poussière. Un peu par la droite, un peu par la gauche.

Il y a une sorte de bonheur que de monter par Canapé Vert à fond, cheveux au vent, yeux plissés, quand les voitures et les 4x4 sont à l’arrêt.

J’ai eu  juste un peu peur quand le pare-choc d’un tap-tap m’a effleuré le genou.

 

Mais j’étais là, et à l’heure.

 

En sortant,  Doudouche m’annonce que la panne est sévère.

 

Je reste à Pétionville pour la nuit. C’est la banlieue standing de Port au Prince.

 

Le point de passage entre le grouillement du bas de la ville et la verdure des villas chics, dans les hauteurs.

Une charnière entre le dur de la vie et la douceur de vivre.

 

En fin d’après midi, le ballet est intense.

 

Les berlines et les 4X4 logotées montent vers la fraicheur des  habitations de luxe.

La fin du shopping, sans doute, car c’est samedi.

Les bonnes et jardiniers redescendent vers la chaleur des quartiers d’en bas.

 

Se croisent sur la Place Saint Pierre.

 

Le colosse en treillis ajusté,  fusil à pompe en main, garde l’entrée de l’hôtel.

 

Sur la place, auprès des tentes, des gosses se baignent sur le trottoir. Les vendeurs de peintures roulent leurs centaines de toiles, qu’ils dérouleront demain.

 

La vie est trépidante, ne s’arrête jamais.

 

Les boutiques et les markets ont commencé à retirer les plaques de contreplaqué qui protégeaient les vitrines. Tout le monde était tendu, en attendant les résultats. On avait annoncé le pire. La foule allait monter pour tout  casser si les résultats des élections n’étaient pas les bons.

 

Les murs sont repeints, et les slogans des candidats commencent à disparaître.

On gratte le reste des affiches, on décolle les panneaux.

Dans quelques semaines, la vie  normale aura repris son cours. Le jaune, le rose, le vert et les autres couleurs auront passé.

 

Une rumeur avait enflé pendant les dernières semaines : les machettes se vendaient comme des petits pains dans les quincailleries, même à Port au Prince. Le peuple s’armait. Il y allait avoir du grabuge.

 

C’est peut-être bien, tout ce qui arrive. On va pouvoir récupérer ces machettes, devenues inutiles, à prix d’occasion, pour les donner aux paysans. 

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Published by planete-haiti
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