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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 06:21

10 MAI  2011. JACMEL CENTRE HISTORIQUE.

 P1000273

Quand on arrive en ville, à Jacmel je veux dire,  le centre historique, c’est l’endroit où il faut absolument aller.

En arrivant, j’y suis allé. J’ai adoré. Je m’y suis installé.

Une année presque déjà. Qui a dit que le temps passait vite ?

 

La vie active,  le jour à Lamontagne, loin des bruits de la ville, paysan bâtisseur.

 

Et les autres heures, actives aussi, urbain, citadin,  dans le centre du monde culturel, artisanal, historique, et finalement microscopique, microcosmique. Juste au bord de la mer.

 

C’était un bon équilibre.

 

Chez Maud, chez Gérard Lafontant, au Florita, chez Moro, à Fosaj, à l’Alliance Française…

Les lieux vivants sont rares malgré tout, même dans le centre historique, dans ce  tout petit périmètre.

 

Et au petit matin, marcher sur la plage, face à la mer, en regardant un rare cargo partir.

 

Ces rues qui bordent le port endormi  ont gardé dans leurs murs en ruine des passions qui ressortent, des décennies de richesse commerciale et d’opulence francophile,  des odeurs de café en vrac, de cabosses de cacao en sac, des histoires qui suintent encore par les fissures les jours de pluie.

 

On y vient de partout.

 

C’est l’endroit où les internationaux surmenés  viennent souffler de leurs longues journées bureaucratiques. Les pauvres…

Jacmel leur apporte cette douceur, cette réalité, cette vérité qu’ils ont du mal à cerner dans leurs bureaux climatisés, dans leurs voitures fermées, dans leur microcosme Port au Princien.

 

Pour moi, montagnard par choix, cet endroit était la grande ville.

Des camions, des motos, des klaxons, de l’électricité, des boissons gazeuses glacées, de la musique, des bruits.

 

Jacmel, le centre historique, est un lieu de rencontres permanentes.

Gary Victor passe rue du Commerce et me salue.

C’est comme si en France, le prix Goncourt vous appelait par votre prénom.

Salut Gary. Je viens juste d’acheter, hier, ton dernier livre.

 

Bélo vient chanter, assis sur son tabouret avec sa guitare, le soir au Belvédère.

Ecoutez Bélo, c’est superbe.

Commencez par «  Mwen bouké » (je suis fatigué), puis passez à « Tenza ». (Si je ne parle pas, je vais m’étouffer…) 

Mais si je parle, c’est peut-être pire !

Ou bien aimez «  Klodet », ( lanwuit kou lajounin, la nuit et le jour).

 

Tant d’autres sont passés, des gens importants, des ambassadeurs, des ministres, des people, une photographe survoltée, des agronomes,  des docteurs, des ingénieurs, des prêcheurs évangélistes de tous bords, des artistes surcôtés, des politiques...

De la famille, des amis, des tas de gens.

Régulièrement des cinéastes viennent capter l’athmosphère.

 

Un lieu historique pour moi aussi.

Des histoires, des bouts de vie. Des marchandes, des voisins, des troubadours, des peintres,  des vagabonds, certains attachants, d’autres collants…

 

Des moments d’espoir et de rires, de vie et de chaleur.

Des moments de peines et de crispation. De colère rentrée.

Des moments de silence. De mots retenus.

Des nuits de musique trop forte, de calme étrange, de fêtes, de pur bonheur explosif, de vide total…

 

Livre en fête, Carnaval, raras, processions,1er mai… Une rue en mouvement perpétuel.

 

Jacmel, centre historique va me manquer, oui.

 

Hier soir, exténué de balader des caisses et des choses accumulées, je me suis pourtant félicité de ce choix : quitter la ville, la rue, l’urbain pour à peine plus loin, mais à l’écart.

La campagne au bord de la ville. De la place, de l’air, du calme.

 

Et le silence était là, cette absence de mouvement dès la nuit tombée.

Tout le monde au lit avec les poules.

Je me suis endormi content de ce choix.

 

La pluie a troublé le silence. Au milieu de la nuit.

Puis les bruits de la campagne qui s’éveille, à peine un peu plus tard.

 

« Qui s’endort avec les poules s’éveille avec les coqs. »

 Nouveau proverbe.

 

A cinq heures, le relais des cocoricos, d’un lakou ( propriété, cour) à l’autre. Des centaines de coqs se relayant.

 

Ayiti se lève de bonne heure.

 

Comme les deux vieux d’à côté. Debout aux aurores, se précipitant  pour attendre, assis,  que la journée se passe.

Lui regarde les bananiers pousser.

Elle, petite vieille rabougrie qui chante dès l’aube  les louanges d’un quelconque dieu qui lui donne espoir.

 

Et la petite qui répète sans se lasser  de six heures à huit heures la définition de la nutrition, sans doute pour son cours de sciences naturelles de ce matin.

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Published by planete-haiti
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commentaires

Nat 16/01/2012 22:45

Le Florita dans son écrin usé par le temps
de murs de briques ou d'un vieux miroir
petit trésor de la ville historique
lieu de paix au milieu des bruits de la ville
reste en moi de doux souvenirs

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