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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 20:43

23 AOUT 2011. Au coin de la rue Lamarre et de la rue Vilatte.

 

 

Pétionville aurait dû devenir la capitale du  pays.

Fraîche, construite de belles villas, des avenues larges. Tout était prévu.

Puis les artistes , les galeries ont enrichi le lieu.

Des hôtels de qualité s’y sont ajoutés dans les années 50.

 

Pétionville n’est pas devenue capitale. Riche et belle à une époque, elle est aussi un carrefour dont j’avais parlé un soir devant le Kinam.

 

Au  coin des rues Lamarre et Vilatte, c’est le pays entier qui se croise.

 

C’est le matin. Le flux est donc très orienté :

 

Très tôt, les paysannes descendent des mornes avec leurs paniers de carottes, de brocoli, de fruits multiples.

Vers les marchés, les restaurants, les revendeuses. Elles ont sans doute déjà marché des heures pour venir des hauteurs, de Kenscoff et d’ailleurs.

 

J’essaie de lire ce livre d’Yves Simon, mais les lignes n’avancent pas.

Il se passe sans cesse quelquechose.

Vu du haut, d’un balcon de l’Hôtel Kalbas.

 

La rue Lamarre monte. Et voir ces foules qui soufflent dans la montée donne une sorte de fatigue passive.

 

Le vendeur de bouillie, liquide très chaud à base de bananes, promène son caisson de frigo sur roulettes. C’est bien isolé, ça conserve la chaleur. La bouillie se vend bien aux premières heures du jour. C’est sucré, c’est velouté.

 

Les taxis bus se remplissent. Les gens partent travailler vers la ville, vers le bas.

 

D’autres descendent des tap tap, venus de Thomassin, de Fermathe…

 

Des cohortes de maçons montent vers les quartiers de villas. Niveaux et truelles en mains. Les quartiers se reconstruisent. Là où il y a l’argent.

 

Il est extenué, le marchand de blocs de glace qui pousse sa brouette dans la montée. Je crains qu’il n’arrive qu’avec de l’eau, blocs fondus.

 

Les 4x4 des ONG n’en sont pas encore à bloquer les rues. Il est trop tôt. Et ils ne sont pas encore remis de leurs fêtes d’hier soir.

Le Brasileiro était plein de buveurs de rhum-sour et de fumeurs de havane.

Je soupçonne les fumeurs de cigare de s’engager dans les ONG qui travaillent en Haïti juste pour pouvoir enfumer impunément leurs voisins de restau.

 

Mais les rues sont quand même  remplies : des voitures d’occasion, à peine importées des Usa, remplies de diasporas (Haïtiens vivant à l’étranger) et de valises. Ils rentrent, ils repartent, les vacances vont se terminer. Ils descendent vers l’aéroport. Se sont gavés du pays pendant quelques semaines.

 

Samedi au bal, dimanche sur la plage.

 

Le diaspora qui arrive à Port au Prince pour retrouver sa famille, c’est comme le néo-urbain qui venait passer ses vacances à la campagne.

Manger des mangos, nager dans les rivières, monter le vieux cheval. Cela se faisait. Maintenant on montre le dernier blackberry ou le dernier tshirt couvert de paillettes aux parents restés au pays. On montre …

En buvant du Something Spécial mélangé au Ragaman.

Comme dit BelO, les temps ont changé.

 

Une belle vendeuse remonte la rue avec un mannequin de plastique blanc sous le bras.  Symbole ?

 

Les têtes transportent de tout : sacs plastique, sachets d’eau, boissons gazeuses colorées comme de l’orange, du citron ou de la cerise. Vérification faite, pas un gramme de fruit dans ces gazeuses.

 

La vendeuse qui crie en marchand «  Rafraichi mabir ». Doudouche dit que c’est une sorte de thé (infusion). Il faudra qu’on essaye ça aussi.

Les employés des banques, en uniforme des banques rejoignent leurs guichets.

 

Et puis soudain, une panique, une course éperdue des petites marchandes, on planque les paniers, on sauve la marchandise. C’est comme au moment des émeutes de décembre. Fuite, cris.

Les trottoirs se vident à grande allure.

Les étals se replient, on se cache dans le hall.

 

La police vient faire appliquer les nouvelles règles : la rue aux autos, les trottoirs aux piétons, les marchandes… au marché.

 

 

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Published by planete-haiti
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Sylvie 30/08/2011 23:11


les filles sont parties!!!!snif mais elles doivent avoir des souvenirs et des images plein la tête... de merveilleux moments passés avec leur papa !!! et les haitiens:)


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