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13 juillet 2017 4 13 /07 /juillet /2017 05:46

 13 juillet 2017

 

Photo d'ALICE SMEETS, extraite de : Alice Smeets & Atis Rezistans

 


 

Même si je connais par coeur les règles officielles du jeu , en version originale,  actualisées le 1er septembre 2008, et mises à jour le 1er novembre 2010 , et le 1er juillet 2012.


 

Même si j'ai tous les oudlers, dès le départ:

 

le 21 comme un jour de naissance

l'excuse, comme tout le monde ici,  sépafotmwen,

et bien sûr,  cela va sans dire, le Petit au bout.

 

Même si je sais que les meilleures cartes iront au chien, et que j'annonce une garde contre lui.

 

Même si j'ai une triple poignée et que j'annonce un chelem.
 

A n'importe quelle heure de la journée ou de la nuit.

 


Même si mes adversaires sont pétés au " Robusto", au Toro" ou aux plantes locales comme l'assorossi ou le bwadom, au "rhum" dominicain portant le nom d'un autre jeu de casino, ou pire, au clairin frelaté, voire à l'éthanol clandestin.

Boissons courantes préparées par des marchandes sans patente, ou des concessionnaires héréditaires.

 

Même si je ne suis pas né de la dernière pluie.

 

Et même enfin si je ne connais aucun joueur ici.


Je connais le résultat, d'avance.

 

Je perds, à chaque fois.
Contre toute attente.

En déjouant les pronostics.

 

 

Parce que c'est ainsi. Parce que c'est normal.

 

On ne vient pas ici pour gagner.

 

 

 

Je n'ose même pas apprendre les règles du bésigue, pour des parties endiablées sur les trottoirs torrides et enfumés  du bas de la ville.

 

Ni celles du jeu des 7 familles, disputé entre soi, dans les salons climatisés et huppés des potentats locaux.

 

 

J'y perdrais encore plus. A tous les coups.

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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 06:16

 

 

30 JUIN 2017

 

Bonsoir. J'ai pris une grande décision, en ce soir d'orage violent.

Réviser ma liste d'amis sur FB.  Et mon fonctionnement sur ce réseau social que j'utilise presque exclusivement comme lien et comme tribune.

 

153, au démarrage.  C'est énorme, non ? Je veux dire, des amis.

 

Je changerai d'autres techniques sous peu, d'ailleurs.

 

L'orage dehors est d'anthologie. On en est à moins de 4 secondes entre l'éclair et le tonnerre. Donc il approche.

La pluie tombe en trombes, et se déverse en épais rideau depuis le toit de tôles.

 

 

Il va y avoir encore des tonnes d'ordures dans les rues, demain matin. Le service céleste de ramassage des fatras. De toutes façons, ils auraient fini à la mer. Avant de revenir se déposer sur la plage.

 

Terré sous la table, toutes portes fermées, je me suis dit qu'il fallait m'occuper l'esprit.

 

L'orage n'est pas mon ami. Et c'est ainsi depuis des décennies.

 

J'ai eu quelques occasions de tester la foudre de près, explosion  de feu qui s'écrase à quelques mètres, entre Ti Carénage un soir de folie climatique, et Bonifacio, un jour de visite professionnelle.

Quand ça claque à deux pas, on en reste marqué à vie.

 

J'ai donc pris ma liste "d'amis", avec l'idée de retirer les quelques uns qui ne m'avaient pas envoyé de vrai message personnel, style : " comment vas tu, mon ami de longue date?".  Et d'autres critères non fixes.

 

Là, c'est 2 secondes, entre l'éclair et le tonnerre,  et les portes tremblent.

 

Ou ceux qui m'envoient uniquement des messages de conseil, sur le bonheur, la digestion, la médecine par les plantes...

Ou ne font que commenter les commentaires des autres. Parfois violemment, pour des broutilles.

 

Il faudrait que j'en ajoute un peu aussi, demandeurs de longue date.

 

Je garderai, quoiqu'il arrive, les deux qui aiment mes posts avant, ou pendant que je les envoie.

 

La rue va ressembler à Venise. Je n'ai jamais vu autant d'eau en juin.

 

 

 

 

Je suis obligé de suspendre mon travail de nettoyage  d'amitiés en direct: internet est out, comme souvent. Et pas de courant, comme d'habitude. Cela me laissera le temps de relire.

 

 

L'orage semble s'être calmé, même si les toitures déversent encore leurs millions de litres tombés en une heure.

 

Ma voisine espagnole s'en va. Elle a choisi son moment...

Elle quitte le pays pour l'Afrique. Le Sénégal, je crois.

Et ses amis qui avaient prévu une fête, je suppose, sont là, sous le reste de pluie, trempés, à regarder les passagers du  Land Cruiser partir en marche arrière vers un nouveau destin. Puis, dégoulinants, quand les phares ont disparu, se serrent très fort en pensant que les meilleurs s'en vont. Et que nous restons. Mais certains restent plus longtemps que d'autres.

 

 

Voilà, le calme est revenu. Les gouttières continueront leur travail toute la nuit.

 

Il m'en reste 107, pour le moment.

 

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23 juin 2017 5 23 /06 /juin /2017 11:57

 

 

 

 

 

 

 

Je n'y avais pas fait attention jusqu'à maintenant.

Ou plutôt je n'avais pas pris le temps de m'arrêter pour y réfléchir.

Tout s'est passé si vite.

 

Par grandes phases, par périodes cohérentes.

Mais avec des retours en arrière, des re-départs.

 

Cette fois, le changement d'âge m'a touché en douceur.

Comme une mélodie ralentie, un boléro, le jour de la fête de ma musique.

 

Dès le matin d'ailleurs, quelquechose avait changé dans l'air et dans l'air du temps.

 

Pour une fois, je n'avais pas mis le réveil. Mais je me suis levé à la même heure que les autres jours.

 

Je suis arrivé au bureau bien à l'heure, mais je n'ai ouvert qu'un seul ordinateur.

D'habitude, j'allume les deux, pour être sûr de ne rien manquer.

 

Je ne sais pas pourquoi, je suis allé chercher ces vieilles photos oubliées.

 

La journée s'est traînée très lentement, très calmement, pour finir dans la chaleur du soir.

 

Sous les pâles d'un ventilateur caraïbe, et de musiques brésiliennes.

 

Depuis, je marche moins vite, je laisse même les piétons traverser devant moi, et je reste imperturbable aux mouvements incongrus des taxi-motos.

 

Je laisse fuir des idées, sans cet acharnement à les retenir et à tout noter.

Je dois en avoir oublié un paquet.

 

Il a dû se passer quelque chose que je n'ai pas compris.

J'aurais dû lire mon horoscope de ce jour là... Bon, il n'est pas trop tard et j'ai encore le temps.

 

C'était le 21 juin, journée internationale de la lenteur.

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 11:35

 

 

 

 

 

 

  •  

 

 

" Livres en folie", c'est le nom d'une manifestation annuelle lancée par le Nouvelliste  qui rassemble des auteurs et permet d'acheter leurs livres.

Et parrainée par... Barbancourt.

 

Il y avait, cette année, 145 auteurs présents - dont quelques bons ami (e)s - et 2369 titres étaient disponibles.

Mais c'est à Port au Prince, et la route est longue...

D'autant qu'il faut que j'y aille samedi - demain- pour voter.

 

Heureusement, le système mis en place par l'organisation et les sponsors est tout simplement génial. Et inattendu dans un pays où tout se complique vite.

Le principe est de se rendre à la banque, là-même où il faut patienter des heures pour simplement avoir accès à une personne qui puisse trouver le moyen de permettre d'ouvrir une liaison internet, afin d'éviter d'attendre des heures devant des employés débordés par le simple fait d'être là. Je n'ai pas encore accès à mes comptes sur Internet...

 

Bref, je craignais le pire en allant commander mes livres à la succursale de la banque à Jacmel. J'avais prévu la journée entière.

 

Et puis, soudain tout tient du miracle.

 

Tu prends la liste des 2 369 titres, classés par éditeurs et auteurs.

Tu remplis ta fiche de commande.

On te dit, immédiatement si le livre est disponible, grâce au logiciel qui va bien.

(Les seuls qui manquaient sur ma liste sont des ouvrages traitant de la menace sismique, et les tremblements de terre, mais je ne suis même pas certain que beaucoup de gens ici lisent ces livres-là)

Tu payes avec ta carte bancaire. Le tout en dix minutes.

Et tu as les livres dans quelques jours.

 

Cela fait gagner 6 heures de route et évite d'aller à Port au Prince...

Les auteurs amis que je voulais rencontrer, je suis certain de les voir un de ces jours à Jacmel : Gary Victor, Yannick Lahens, Gabriel Osson.

 

Mais ce qui est bien, outre le fait de pouvoir acheter en un clin d'oeil tous les livres souhaités, cette foire aux livres permet de découvrir des auteurs.

Avec des tas d'articles de presse, cela force à sortir des habitudes.

 

Je vais donc découvrir l'un des premiers livres de Makenzy Orcel, jeune auteur dont l'histoire est belle:

 

http://www.lenouvelliste.com/public/index.php/article/172175/lodyssee-dorcel

 

Et l'un de ceux écrits par Odette Roy Fombrun, qui en profite pour fêter ses cents ans.

Il était temps que je la découvre. Une femme géniale, d'après ce que j'en lis dans les articles.

 

C'était donc le début d'une belle journée fériée.

 

Qui s'est bien poursuivie, puisque j'ai gagné à la borlette, sorte de loterie, alors que je jouais pour la première fois. 10 euros !!! Ce qui représente 50 fois ma mise, que je vous laisse calculer... Les numéros m'avaient été donnés par quelqu'un qui les avait rêvés.

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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 20:39

Mercredi 1er Mars 2017 : Mercredi des cendres.

 

Le mercredi des cendres est, à Jacmel, la journée la plus bizarre de l'année.

D'abord, ce silence.

Les Dj ont remballé leurs sonos et les murs ne tremblent plus aux vibrations des basses survitaminées.

L'empilement des enceintes sur les chars a été rangé. Et la rue est à nouveau circulable.

 

Cette année, les basses ont donné.

Avec des musiques étranges et des textes réduits au minimum.

Comme les habits des filles: jeans à ras, et t-shirts en lambeaux.

Cette année, les DJ ont gagné, avec leur musiques informatisées et répétitives, avec leurs voix déformées par les machines. Si j'ai bien compris, c'est le "raboday", un son répétitif et violent.

 

La journée est bizarre de ce calme.

 

Il reste des odeurs de fritaille, des sachets d'eau vides qui éclatent sous les roues.

Mais les rues sont blanches. Désertes.

 

 

Presque tout est fermé. Sauf les églises, sans doute.

 

Quelques excités travaillent, des boss en retard, des livreurs de sable.

 

Les bandes à pied ne sortiront plus.

Elles nous ont fait courir, depuis des semaines, au moindre son de tambour, de vaccine ou de trombone. On va devoir se contenter des rengaines d'Arly Larivière pendant des mois.

Toute la ville qui frétillait derrière les joueurs de musique. A chaque vibration. Au pas de course, chaloupé.

Dolphins, qui s'entrainait chaque soir depuis novembre, a rangé les instruments. Ouf.

Fresh Up, Limié Rara, Baguette Magique sont au repos.

Mes amis de Baguette ont fait un tabac, cette année.

 

Et mes autres amis de Fidel Trouba font un carton. Et commencent à être connus.

 

Les vendeurs de pacotille ont replié leurs étals, et sont rentrés chez eux. Avec beaucoup d'invendus.

La marchande de chapeaux et de maillots dort enfin chez elle, après plusieurs week ends sous la galerie de la grande maison du coin de la rue du Commerce et de la rue de la Liberté.

Existe-t'il, au fait, un autre endroit au monde où le Commerce et la Liberté se rejoingent ainsi?

Jacmel cuve. Jacmel mesure son carnaval et celui des autres.

 

Certains, comme pour s'excuser de trop de ripailles, vont à l'église aujourd'hui  pour les cendres.

Des trucs à se faire pardonner, sans doute.

Ou vont chez les prêcheurs évangélistes pour se faire engueuler d'avoir gaspillé leur argent qui aurait pu faire le bonheur des pasteurs. 

Je l'entends d'ici, le pasteur du coin, aves sa sono digne d'un carnaval, hurler que le diable était dans les rues. Et que tout cet argent dépensé en griots, trempés, gazeuses et fritailles,  aurait mieux fait de tomber dans ses poches. 

Le pasteur a sa Toyota Zo Requin  en panne et son inverter à changer.

Les chars sont rentrés, chez Joel et Jacky.

Ils resserviront l'an prochain.

Les rues, ce soir, sont évidemment dans le noir.

l'EDH n'a plus de carburant, sans doute. Comme tout les ans, le mercredi est en black out.

Et les motos sonorisées, à coup de "meringue" sont les seules lumières. Filantes.

Les masques, mascarades, madigras, juifs errants, sont au calme, stockés en masse jusqu'à l'an prochain. On leur repassera un coup de vernis, l'an prochain.

Finalement, voir un carnaval à Jacmel, c'est une découverte, une belle histoire. La première fois. En voir plusieurs, c'est comme regarder un film en boucle. Et c'est attendre, attendre.

Mais cette année, les journalistes et photographes ont été présents. 

Jacmel va débouler sur les télés et les réseaux. 

 

Aujourd'hui, mercredi, Jacmel dort.

Mais c'est normal.

 

Depuis plusieurs semaines, chaque fin de semaine, cela dure.

 

Les lansédkod (lanceurs de cordes), les machékaré (marché carré), les madigra ( mardi gras) tous ces groupes dans les rues. Ils sont rentrés chez eux, maintenant.

Mercredi, la tension, l'animation, la foule, les tenues étranges, le non conformisme... Tout cesse. Même les filles portent des tenus décentes.

Les pasteurs et curés reprennent la main.

Carême commence.

Mais la rue sent encore la fritaille, le trempé à la cannelle et le rhum importé.

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 22:56

3 février 2017

 

Le Boulevard.

 

Fatigué des attentats. Le Louvre... Et puis quoi encore ?

 

Fatigué des histoires de fric des hommes politiques.

Et des femmes desdits hommes politiques.

 

Des clowns qui viennent changer le monde.

 

Vais-je résilier mon abonnement à Cannalsatellite ?

 

Pas encore: c'est le seul moyen de voir l'OM, le LOSC, et l'OJC NICE jouer.

Quand le Réal et le Barça n'encombrent pas les bandes passantes.

 

Donc, j'appuie sur le stop du remote.

 

Et je sors.

 

Un soir sur le Boulevard Pétion- Bolivar.

Il faudra que je raconte l'histoire de Pétion. Et ce que vient faire Bolivar à Jacmel.

 

Les Dolphins, bande à pied, célébre chaque année à Jacmel de novembre à février, parce qu'ils s'entraînent tous les soirs sur les hauts du port. Pour le carnaval.

Au début, c'est dur. C'est faux. C'est à la limite du supportabe.

 

Mais cela couvre le bruit des prêche$ des pa$teur$.

 

Là, ils commencent à jouer juste, avec leurs bambous, leurs tambours et leurs vaccines.

 

A tout le moins, ils seront prêts pour le 19.

 

Et depuis que PU a fermé, j'ai un peu de temps. Enfin, je me le donne.

 

Mais l'après midi, le soleil est trop fort et le boulevard (susnommé) est pile dans l'axe du soleil qui se couche. Ebloui, je ne vois même pas les gens qui me saluent.

 

A chaque fois, on me dit Bonsoir Monsieur Philippe, et ébloui par les rayons, je ne reconnais pas mon interlocuteur (trice).

 

 

Excusez, j'ai le soleil dans les yeux. Vous êtes qui?

 

 

 

Encore aujourd'hui, un gars me dit : ça va Philippe? Tu me reconnais ? Et moi, non. Lui: Tu m'as donné un parasol. Moi: ah, oui! Il y a trois ans. Quand je te voyais dépérir en plein soleil à fabriquer tes pots de fleurs.  Son business marche toujours, mais il a choisi un coin à l'ombre. Moi: ah, oui !!!

 

Oui, donc, sur le boulevard Pétion Bolivar...

 

Mais je n'arriverai pas à tout raconter sur une seule page.

Pour une fois, j'y vais quand il fait bien nuit.

Quand les familles sont parties.

 

Il reste les flanneurs, les danseuses de bodegèt.

La bodégèt est la nouvelle danse à la mode. Style tchac tchac boum boum

 

 

Les invisibles se promènent. Ils sortent de recoins sordides. Les crochus qui s'offrent une sortie.

Ceux qui n'aiment pas la lumière du jour, malades, sans doute.

 

Les vendeurs, (deuses,) de mélanges bizarres. Trampés, assorossi.

 

Et ces filles qui marchent avec les derniers cadeaux de leur homme envolé: un gros téléphone du style tablette, et un enfant venu ou à venir. Qui braille pendant que la mère joue du pouce sur ouatsap. Avec ses lunettes de soleil.

 

 

Je me suis assis sur le muret, à la fois pour regarder les passants.

 

Et pour enfin, encore, vérifier la théorie de la septième vague.

 

Comme je l'ai fait sur toutes les mers du monde.

 

A Dunkerque, à Ti Mouillage, à Anglet, à Skiatos, à Porto Vecchio, à Nice, à Casablanca, à Majorque, à Capri, à Juan los Pinos, à Skopellos, à Elbe, à Naples, à Marseille, aux Goudes ( humfff), à Porquerolles, à Bali ( Jimbaran ) , au Sri Lanka, en Guadeloupe, à Rhodes Island, à Portsmouth, à Miami, Padang, l'île de la Tortue, de la Gonave, l'île à Vache, Porto Vechio, Bonifaccio, Trégun, le Carbet, Cannes, Saint Tropez, . Et tous ces autres endroits non cités. La septième vague, cela ne marche pas.

La sixème la casse.

 

Il faut que j'aille voir d'autres endroits: Cuba, et Martha's Vineyard. Et Bali, encore. Le Nicaragua, s'il y a la mer. Revenir au Goudes, un soir de septembre.

 

Il y a bien endroit où la septième vague existe

 

 

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 20:09

Une visite de cette  chanteuse ultra importante,  financée par l'ONU.

Il faut juste savoir qui elle est? 

 

Une chanteuse, très connue, je crois.

 

Et ce soir , l'Ambassade des USA diffuse ce message :

 

Beyonce is still here and she wants to see the progress since the earthquake. Where should she go to see progress in Haiti? Let us know!

 

"Beyonce est encore ici et veut voir les progrès depuis le tremblement de terre.. Où devrait elle aller pour voir des progrès en Haïti? Faites nous savoir..."

 

 

 

Alors, mois qui ne savais pas trop  quoi écrire pour le "E" , trop d'articles , je trouve que cette question est un vrai Etonnement.

 

La diva latina vient ici, et ne sait pas où aller ??? Pourqui est elle venue, alors ?

 

Les cartes ne mentent pas.

Et l'Ambassade des Nazini n'a rien a lui montrer?

Elle pourrait visiter le nouvel Hôtel Marriot.

 

Il y a un problème de com. Grave.

 

C'est comme Sean Penn, obligé de prendre une roue libre dans l'avion présidentiel français pour se rendre sur la croisette.

Yes, he Cannes.

 

J'aurais dû faire acteur ou chanteuse.

 

Etonnant, comment tout est étrange et exceptionnel, ici... Electoral ?

 

 

Du coup, j'ai proposé qu'elle vienne ( Beyonce, je veux dire), à Lamontagne, voir ce qui est fait depuis 2010.

 

Un coup d'Hélico, et elle rapplique.

Et là, hop, j'ai mon E: Elle est super...

 

On survole la zone, on claque 3 bisous, et hop, à nous la gloire.

 

Bon , je ne suis pas sûr que cela marche.

 

Mais je voulais juste passer le E , car "Elections " n'aurait pas donné de bons chiffres sur mon blog.

 

Même si c'est un truc qui passionne:

 

Enfin, un bureau électoral qui choisit et décide. Demain, on le dit , les pneus  vont cramer dans les rues: les recalés,  interdits de se présenter ( parce que non haïtiens, ou avec des dossiers non complets, ou non blanchis pour leur gestion de fonds public) ou dangereux pour le système, vont envoyer leurs bons à tout faire mettre le bazar dans les rues. Déjà, à Petit Goave, toujours aux avants gardes, a brûlé le bureau du Conseil Electoral .  Jacmel va chauffer demain.

Mais j'ai le F , de François, à écrire. Même s'il n'est pas venu à Jacmel...

 

Alors, si je vous raconte le foutoir que cela va être, ce sera par hasard.

 

 

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 21:06

8 juillet 2014

 

D, comme désolation

 

Comme je l'ai souvent dit, Jacmel est une ville de brésiliens.

Il y a même, pas loin d'ici, une localité qui s'appelle " la Brésilienne"

 

Je n'ai pas parlé de coupe du monde, jusqu'à maintenant.

Parce que tout le monde en parle. Partout, jusque dans les plus petits recoins des zones rurales.

 

Hier, sur la route de Lamontagne, un jeune homme expliquait toutes les stratégies et analyses sportives des matchs de la séléçao depuis des années.

 

Parlait de Juninho, Socrates, Rivaldo, Ronaldo, et tous les illustres ancêtres.

 

En blaguant, j'ai pronostiqué  une finale Allemagne/Hollande. On m'a regardé de haut. J'aurais mieux fait de me taire. Il est vrai que j'avais parié France / Argentine, il y a quelques jours...

 

Jacmel est depuis des semaines en vert et jaune. Drapeaux partout.

 

Quelques fanatiques de l'Argentine tentent de se faire remarquer. Un peu de bleu pâle de temps en temps.

 

Les marchands  n'ont finalement que ces deux drapeaux à offrir. Et il y en a vraiment partout.

 

Le Brésil est une bénédiction, pour Jacmel : à l'heure des matchs, le courant revient ( après trois jours de blakawout ) et les rues sont vides. Les motos sont rangées, et on circule facile. On ne parle même plus de politique.

 

Par rapport à la dernière fois, les télés se sont multipliées. En 2010, il y avait foule devant les rares écrans. Là, c'est la débauche d'écrans plats, de gros postes recyclés, de canalsat partout.

 

La désolation est venue si vite. 11ème minute. Plus vite que le seul petit but encaissé par l'équipe de France à la 13ème.

 

Je suis sorti, pas un bruit dans les rues, pas un cri ; rien... La peur s'installe.

 

A la 29ème, tout était dit.

Mais toujours une chape de silence sur la ville.

Il y a une sorte de désolation, de sentiment de désastre.

 

Pourquoi doit on vivre ça, en plus, après le choléra et le chikungunia?

Comme si on pouvait endurer ça en plus?

 

Le Brésil vainqueur de la finale, c'était un rêve. Une réussite de tous les fanatiques jacméliens. Plus beau, pour Haïti, que Dany Laférière à l'accadémie française ou Jean Jean Rossevelt et sa médaille aux jeux.

 

Une victoire sur le monde occidental.

 

Il reste bien l'Argentine pour sauver l'honneur. Mais ce n'est qu'un pis aller, pas une victoire.

 

Il reste quoi, pour rêver ?

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23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 13:53

C, comme Chansonnette Française

 DSC06517.JPG

23 mars 2014

 

Le C m'a donné beaucoup de mal.

Il fallait choisir, et les sujets en C pouvaient être nombreux.

 

J'ai commencé un article sur le Carnaval de Jacmel. Mais, en même temps, je l'ai déjà fait, et cela aurait tourné plus au défilé de slogans politiques, aux joutes pré-électorales qu'au défoulement populaire et culturel coloré et bon enfant attendu d'une telle fête annuelle.

 

Bon, cette année, le carnaval a été revival et nostalgie: on ressort les vieux masques des années d'avant, avec leur poussière, trois petits tours et la pluie disperse le tout. Les mécènes étaient aux Gonaives.

 

Et puis je suis parti sur l'idée de faire un texte sur la Circulation automobile en ville. Mais vu le bilan de ces derniers jours où ça tombe comme à gravelotte, cela aurait fait plutôt chronique nécrologique. Des gens qui meurent de la connerie humaine, surmultipliée quand les auteurs de ces assassinats sont au volant de leurs 4x4 aux vitres "parfumées". Mais "ce n'est pas de leur faute", et là encore cela serait vite tombé dans la critique des gens chargés de la gestion des espaces publics. Et dans un bilan morbide.

La discipline, le respect des codes et des lois,  et le sens civique ne se décrètent pas, ils s'imposent et pour ça, il faut du courage. Et il faudrait être exemplaire.

 

J'ai envisagé des tas d'autres mots, comme " contestations", " culture", " ciel nocturne", ...

 

Et finalement, le déclic est aujourd'hui : ce sera " chansonnette française"

La semaine de la francophonie se termine. Des moments riches et forts. De belles pages.

La scène ouverte d'hier, je l'ai ratée.  Mais ce devait être touchant, ces jeunes et enfants qui faisaient leur spectacle libre sur la scène de l'Alliance Française pour célébrer la langue d'André Malraux.

Je suis passé dans la rue, vers la fin. Et j'entendais une musique endiablée, sans doute un fond de danse, avec des paroles en yankee bien trempé...

Après le déversement des prédicateurs américains toute la semaine... C'est too much.

A propos, je garde le P pour ça : prédicateurs.

 

Ce dimanche, Radio Express  diffuse du français. De la musique, des chansons.

On appelle ça ici des " chansonnettes". On a failli utiliser bluette.

 

C'est le signe hebdomadaire et irréfutable du déclin du français dans la culture locale.

Comme si les choses s'étaient figées il y a trente ans, ou quarante.

 

Défilent sur les ondes, comme des standards de la culture hexagonale actuelle Mireille Matthieu, Alain Barrière, Claude Barzotti, Sheila( Patrick, je t'aime), Nana Mouskouri, et même Frédéric François.

On y ajoute Michèle Torr, Julio, Gilbert Bécaud, Demis Roussos, Dalida.

 

C'est un conservatoire d'archéologie musicale. Cela me fait penser aux vieilles autos américaines à La Havane : il n'y a plus que là qu'on les trouve.

 

La culture française en Haïti est dépassée, fossilisée, en voie d'extinction, pour les Haïtiens.

Parler français est une punition, une épreuve, un problème. Un casse-tête difficilement surmontable. Une phrase en français est une expédition. " Palé fransé pa  di l'espri"

 

La mondialisation fait son oeuvre, en alignant les peuples sur les critères Nord Américains. Le créole s'américanise, ce n'est qu'un constat.

 

Le slogan haïtien le plus courant est : " Haïti is open for... " et là on ajoute ce qu'on veut.

"Haïti is open for business", "Haïti is open for Dreaming", "Haïti is open for Tourism"...

 

Moi, j'ajouterai des tas de choses à ce "open for".

 

Ce n'est en tous cas pas la langue française qui en profite. Dommage.

Mais bon, c'est aussi le sens de l'histoire.

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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 20:47

B, comme bruit

4 février 2014

P1030105.JPG 

Le bruit, à Jacmel, c'est permanent. Comme sans doute partout ailleurs en Haïti.

 

Cela commence tôt. Et semble ne jamais cesser.

Cacophonie, "kakofoni, eskandal, lobey", on s'aperçoit vite que le silence est une richesse inconnue, oubliée.

On me dit que cela a commencé il y a longtemps, par le bruit du lambi et des tambours.

 

Et tout concourt à en rajouter.  

Comme dernières nouveautés, et ils sont d'ailleurs souvent à la tête des progrès négatifs et du rabaissement du niveau, les motos.

En gros, la mode actuelle, c'est circuler avec le pot d'échappement démonté et faire hurler le klaxon multitons. Sans doute pour réveiller la ville.

 

Parfois, on se demande si on se trouve à New York un jour de manifestation des pompiers, toutes sirènes dehors. Ah, non, ce n'est qu'un moto taxi.

 

Mais ils ne sont pas seuls adeptes du décibel.

 

Pourquoi l'urbain local aime t'il le bruit à ce point ?

 

Quand on circule autrement que dans une auto climatisée, vitres teintées "pafimen"

(pour vitres fumées ), par exemple quand on marche à pied dans les rues de la ville, déjà, on se fait klaxonner chaque 30 mètres par les motos taxi en quête de course. Et on passe d'un mur de sono à un autre mur de sono. D'un loto sursonorisé à un marchand de produits usés ailleurs, troisième ou quatrième main, caché derrière ses baffles, qui pensent que la vente monte avec le son.

 

D'où vient cette nécessité impérative du bruit permanent ?

Des cris, des paroles fortes, des musiques intempestives, des claquements, chocs, raclements, résonnances, vacarme, explosions sonores ...

 

Je ne parle pas de la musique, ce serait déplacé. Innoportun.

Tu viens vivre aux Antilles, blanc. Accepte la musique jusqu'à point d'heure.

Vibre avec les basses, en même temps que le sol.

Respecte les répétitions des bandes à pieds, assume les camions des DJ.

 

Mais le reste, les bruits multiples des crétins qui veulent montrer qu'ils existent en ajoutant au chaos, est ce vraiment nécessaire? Comme s'il n'y avait pas suffisamment de stress sans cela.

 

Le bruit est la marque des vivants, sans doute. Pas des morts, plongés dans l'éternel silence.

Et encore, me dit-on, ce n'est pas certain : certains morts, sous une forme ou sous une autre, font aussi un  barouf d'enfer.

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Published by planete-haiti
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